Il y a une piscine, rue Dénoyez ; et aussi des graffi tis, des tags, et des bacs à fl eurs décorés de céramique. Vous êtes dans le 20ème arrondissement, une minuscule artèrepiétonne, perpendiculaire à la rue de Belleville ; bouillonnante de vie, de poésie… Il n’y pas si longtemps, c’était une rue comme les autres ; on en traverse dans tout Par is , sans s’arrêter. Il y avait des squats, ils sont entrés dans la vie du quartier, et c’est toute la rue Dénoyez qui revit aujourd’hui grâce aux artistes s’exprimant sur ses murs (en toute légalité).
Qu’une oeuvre sublime vous touche, vite, photographiez- là ! L’art éphémère n’attend pas. La rue se métamorphose en un fl ot de créativité ininterrompu, nous sommes au coeur du street art parisien. Le graffi ti, que tout le monde trouvait laid il y a trente ans, est entré dans les sphères de l’art, des galeries, il a acquis ses lettres de noblesse. Mais c’est dans la rue que nos regards se perdent, de murs en murs, en quête d’oeuvres disparues et de nouvelles créations, dont la trace n’est que la part visible d’un iceberg de créations ensevelies, dans ce musée des murs sans cesse renouvelé.
Chacun se sent aujourd’hui concerné par la rue Dénoyez : petits et grands, ils participent depuis l’an dernier à la végétalisation de leur rue. Les associations “La Maison de la Plage” et “Frichez nous la paix” leur ont offert de créer dans un premier temps dans les locaux de l’Usine de Belleville des bacs à fl eurs en céramique, émaux, coquillages, puis de les fl eurir… Entre fl eurs et graff eurs, la rue Dénoyez est pleine de beauté provocante et l’idée de s’y perdre en couleurs n’est pas hallucinante.
Jean-Emmanuel Hay
2011-03-03 12:29:08




