SeaBubbles : une révolution pour le transport urbain ?

SeaBubble

Le projet d’Alain Thébault et Anders Bringdal résonnerait presque comme la comédie de Ken Annakin Ces merveilleux fous volants dans leurs drôles de machines, pourtant il est des plus sérieux. Avec SeaBubbles, les deux anciens recordmen du monde de vitesse à la voile veulent révolutionner le transport urbain.

Quand le skipper Alain Thébault et le multi-champion du monde de planche à voile, Anders Bringdal décident de s’associer, le résultat est forcément détonnant : faire voler des voitures sur l’eau ! “Le principe est simple, nous avons réuni les surfeurs et les ingénieurs autour de la table. L’idée étant de se réapproprier ces grands cours d’eau qui traversent nos villes et qui sont sous-utilisés, souligne Alain Thébault. Nous pensons en effet que le futur de la mobilité vient de l’eau. Parce qu’en 2050, il y aura quatre milliards de voitures, et que même si elles sont toutes motorisées avec des énergies propres, cela créera évidemment un immense embouteillage. Avec SeaBubbles, nous voulons créer une nouvelle façon de éplacer les gens, partager cette sensation de tapis volant avec une volonté écologique forte : zéro émission, zéro bruit et zéro vague et avec comme propulsion, deux moteurs électriques qui sont immergés.”

Testé à Paris ce printemps

Seabubbles
Alain Thebault et Anders Bringdal

Alain Thébault et Anders Bringdal n’ont fait qu’adapter le principe de l’Hydroptère qu’ils font voler depuis des décennies en développant la même technologie au service du grand public. Lorsque la Bubble atteint les 10 km/h, elle s’élève et commence alors à voler, évitant ainsi le mal de mer, les mouvements brusques ou le roulis des vagues. Le résultat est bluffant et a pu être vu par les Parisiens ou les Lyonnais, villes où ces navettes fluviales d’un autre temps ont pu être testées. Anne Hidalgo, la maire de Paris est tombée sous le charme de ces voitures flottantes, annonçant un test plus important à Paris au printemps 2018. “Nous engageons un travail avec l’État et tous les acteurs concernés afin de lever les freins qui empêchaient cette expérimentation”, a même récemment confirmé la maire de Paris sur Twitter. En effet, on ne vole pas sur les grands fleuves du monde à la même vitesse ! Dix nœuds (18 km/h) à Paris, trente nœuds à Genève, Londres ou San Francisco (50 km/h). Dès lors, les “ingénieux ingénieurs” ont dû adapter leur modèle à la pratique française. “On y va petit à petit, reconnaît le pourtant très pressé Alain Thébault. La question des pontons de rechargement est elle aussi toujours à l’étude et pourrait être réglée avec un système de dépose-minute sur des péniches”. Contrairement à San Francisco ou à d’autres villes des États-Unis où piloter ces Bubbles fait rêver, en France, elles seront pilotées par des chauffeurs dédiés, la réglementation et les normes freinant leur utilisation autonome ! Pour les deux concepteurs de ce projet, la vie a donc changé. Ils emploient désormais plus d’une centaine de salariés en France. Hommes d’affaires, leur objectif est de lever un maximum de fonds pour pouvoir lancer les premières productions en nombre de leur “bulle des mers”. Les marins qui rêvaient de faire voler les bateaux passent désormais plus de temps dans les airs ; entre Dubaï, Moscou, Londres ou Paris, les rendez-vous s’enchaînent. À suivre.

www.seabubbles.fr

Gildas Lecoq

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