Remise du 9e Prix Carmignac du Photojournalisme consacré à l’Arctique

Prix Carmignac
Les Nénètses rassemblent les rennes durant la migration. Depuis des siècles, les gardiens de troupeaux de rennes nénètses migrent vers des pâturages d’été situés sur la péninsule de Yamal, puis retournent dans le sud en hiver. Leur longue marche annuelle de presque 650 km les conduit au nord de la péninsule de Yamal et vers les côtes arctiques. Péninsule de Yamal, avril 2018 © Yuri Kozyrev / NOOR pour la Fondation Carmignac

Présidé par le climatologue Jean Jouzel et sous le haut-patronage de la ministre Ségolène Royal, ambassadrice pour les pôles, le neuvième Prix Carmignac du photojournalisme, consacré à l’Arctique, a été décerné à Yuri Kozyrev et Kadir van Lohuizen.

Prix Carmignac
De grands bateaux de croisière viennent régulièrement à Spitsbergen de nos jours : la fonte de la banquise facilite la navigation. Longyearbyen, Spitsbergen, Svalbard, Arctique, juin 2018 © Kadir van Lohuizen / NOOR pour la Fondation Carmignac

À travers leur investigation photographique inédite “Arctique : Nouvelle frontière”, Yuri Kozyrev et Kadir van Lohuizen ont exploré sur plus de 15 000 kilomètres, les effets du changement climatique sur ce territoire ainsi que leurs conséquences pour le reste de la planète. Pour la toute première fois, deux photojournalistes ont couvert simultanément, l’un par la route des ports russes, et l’autre par le passage du Nord-Ouest, les mutations irréversibles que subit l’Arctique pour témoigner des effets de la fonte des glaces et du dégel du permafrost.

Un témoignage alarmant

4.Yuri Kozyrev
Yuri Kozyrev

Yuri Kozyrev a parcouru la route des ports maritimes russes de l’Arctique. Il a accompagné les Nénètses, le dernier peuple nomade de la région, dans leur transhumance, interrompue en 2018, pour la première fois de leur histoire, à cause de la fonte du permafrost. Il a longé les côtes de la mer de Barents, au nord du pays, et a voyagé à bord du Montchegorsk, premier porte-conteneurs à avoir emprunté sans assistance la route maritime du Nord. Il a rencontré les populations rendues malades par l’exploitation du nickel à Norilsk, puis s’est rendu à Mourmansk, où la première et secrète centrale nucléaire flottante est en train de voir le jour.

Kadir Van Lohuizen
Kadir Van Lohuizen ©-Kadir-van-Lohuizen-NOOR

Kadir van Lohuizen a démarré son parcours sur l’île norvégienne de Spitzberg dans l’archipel du Svalbard. Il a suivi le passage du Nord-Ouest, devenue la route la plus courte entre l’Europe et l’Asie avec la fonte des glaces. Au Groenland, il a rencontré les scientifiques qui ont découvert récemment que des rivières gelées poussaient la calotte glaciaire de 15 cm par jour vers l’océan, contribuant directement à la montée des eaux sur la planète. Au sud de l’île de Cornwallis, au large du Canada, il a vécu dans la petite communauté de Resolute, qui accueille depuis peu un centre d’entraînement des armées canadiennes en raison de l’ouverture croissante de l’Arctique. Puis Kadir van Lohuizen s’est rendu à Kivalina, village autochtone de la pointe nord de l’Alaska, qui, selon les prévisions actuelles, disparaîtra sous les eaux d’ici 2025.

Tourisme, militarisation, exploitation des ressources gazières et minérales, et ouverture de routes commerciales, l’Arctique est aujourd’hui le terrain d’affrontements entre pays et multinationales pour la conquête chaotique de ces zones stratégiques qui resurgissent dans l’histoire des hommes par l’effet du réchauffement de la planète. Les images d’Arctique : Nouvelle frontière de Yuri Kozyrev et Kadir van Lohuizen constituent un témoignage alarmant sur la rapidité de la transformation de la région et les bouleversements induits à l’échelle planétaire.

Exposition Arctique : Nouvelle frontière
Du 7 novembre au 9 décembre 2018

Cité des sciences et de l’industrie
30 avenue Corentin Cariou
75019 Paris
Entrée libre

www.fondationcarmignac.com

www.cite-sciences.fr

 

 

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